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Quand 1 + 1 vaut moins que 2 (partie 1)

28 novembre 2011 Laisser un commentaire

Grossir, oui mais comment ?

 

Les industries graphiques sont très majoritairement constituées de PMI, indépendantes ou familiales, en situation de rapport de force déséquilibré à l’égard de leurs grands donneurs d’ordre (plateformes, éditeurs, grande distribution, …) ou de leurs fournisseurs (papier, encre, machines).

 

Dans d’autres secteurs industriels (automobile, aéronautique, …), depuis 30 ans, l’activité s’est organisée en une forte concentration des sous-traitants de 1er niveau, et en une stratification des sous-traitants de niveau 2 et 3. Cette organisation est rendue possible par la notion d’ensembliers, l’assemblage ultime restant du ressort du donneur d’ordre final.

 

Ce type d’intégration n’est pas transposable dans le modèle économique des industries graphiques. Le produit final n’est pas décomposable en éléments et sous-éléments.

 

Pour ré-équilibrer le rapport de forces envers leurs partenaires clients et fournisseurs, il semblerait a priori évident que les industriels se regroupent.

 

Une concentration capitalistique devrait aboutir à d’évidentes synergies, sur le plan des achats, de la capacité à négocier des prix de vente, du partage de savoir-faire, de l’optimisation du parc industriel et de la maintenance, de l’accès aux financements, de la réduction des charges administratives et des coûts indirects.

 

Or, il faut constater, à très peu d’exceptions près (CPI ?), que ces tentatives de regroupements ont jusqu’à présent échoué, tant en France qu’en Europe : Quebecor, Arquana, etc…

 

Les raisons en sont multiples. Citons-en simplement deux, assez classiquement rencontrées dans des opérations de croissance externe :

–        L’acquisition de sociétés in-bonis affaiblit la compétitivité de l’entreprise. Le cash-flow généré sera, pendant plusieurs années, ponctionné pour rembourser l’emprunt, en empêchant l’entreprise de s’adapter aux évolutions du marché ;

–        L’acquisition successive de sociétés défaillantes ne crée pas de valeur. Une entreprise en difficulté plus une entreprise en difficulté crée une grosse entreprise en difficulté, pas une entreprise saine.

 

Bien entendu, on peut y rajouter de nombreux autres motifs d’échecs, d’ailleurs souvent issus de dysfonctionnements internes au groupe ainsi constitué.

 

Les synergies évoquées sont donc anéanties par d’autres effets, négatifs. On reviendra sur ce sujet dans un prochain article.

 

Dès lors, se regrouper, cela passe par autre chose que du rapprochement capitalistique, et ça s’appelle du partenariat.

 

Quel qu’en soit la forme (GIE, associations, clubs, groupements d’entreprises, pôles de compétitivité, …), le partenariat consiste à ne mettre en commun que ce qui a du sens.

 

Ainsi, dans la filière, cette idée de partenariats fait-elle son chemin.

 

Le fardeau supporté en groupe est une plume (proverbe maure). Pas seulement parce que la charge est répartie sur plusieurs épaules, mais surtout parce que l’on dispose ainsi de l’intelligence collective pour agir.

 

Sic transit mundi.

 

Jean-Philippe Behr

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