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La trajectoire des journaux américains, de 1971 à aujourd’hui

26 décembre 2012 Laisser un commentaire

Pour agrandir le graphique, cliquer ici.

Quarterly-Newspaper-Ad-Expenditures

Chiffres corrigés de l’inflation,  lissés sur trois trimestres glissants. Compilation et réalisation : Cabinet BL. Source : Newspaper Association of America.

Ce graphique illustre à merveille la trajectoire des journaux outre-Atlantique.

On y décèlera les principaux événements historiques : crise du pétrole en 1974, guerre du Golfe en 1990, dégonflement de la bulle internet en 2000, crise des subprimes en 2008…

Et apparaît au grand jour la trajectoire calamiteuse de la presse américaine.

Les recettes – hors diffusion – ont été divisées par trois, en l’espace de 10 ans !

Le phénomène est particulièrement marquée pour les petites annonces, dont les quatre cinquièmes se sont évaporés en migrant sur d’autres sites web.

L’émergence de la publicité en ligne sur les sites de presse, voici 10 ans, est très loin de compenser la dégradation de la communication des annonceurs sur support papier.

A cet effondrement s’additionne un effritement des ventes, par abonnements ou au numéro.

Rappelons que les journaux américains sont bien plus dépendants des revenus publicitaires que les nôtres. En 2006, les recettes tirées de la vente des journaux ne représentaient que 17 % du chiffre d’affaires total.  Aujourd’hui, avec l’écroulement de la publicité, le ratio est de l’ordre de 30 %.

Selon l’institut Pew-Research, de tous les médias, les journaux sont les plus affectés par les bouleversements de leur modèle économique.

Le cycle infernal s’est donc déclenché : réduction des coûts, d’où réduction des effectifs de journalistes, d’où diminution de la qualité éditoriale et de l’originalité des contenus, d’où impossibilité de monétiser une information devenue banalisée sur internet, et ainsi de suite, en une diabolique spirale dont on n’aperçoit pas le bout…

Sic transit mundi.

Jean-Philippe Behr

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Des cloisons ? quelles cloisons ?

30 novembre 2012 Laisser un commentaire

Les frontières historiques entre les grandes catégories de médias d’actualité sont en train de s’évanouir.

La presse quotidienne et les newsmagazines intègrent sur leurs supports numériques photos, sons et vidéos, basculent vers le bi-média, culbutent vers le reverse-publishing.

Les médias audiovisuels, télé et radio, organisent leurs plateformes d’information numériques comme s’ils étaient des pure-players, et se déclinent d’ailleurs parfois en produits papier.

Les rédactions s’organisent pour traiter les contenus, dès l’origine, en flux multi-canal.

Nécessité faisant loi, puisqu’il faut monétiser son contenu en l’absence de revenus publicitaires suffisants, les modèles d’affaires commencent, après divers tâtonnements et expériences, à se ressembler entre eux.

Toutes les catégories de médias proposent de l’homothétique (qui s’appelle, selon le cas, PDF, podcast, ou catch-up), de l’enrichi, de l’application. Et des produits dérivés, pour générer des VU, de l’e-commerce, et des bases de données comportementales d’usager.

Lequel usager ne s’appelle plus lecteur, ni spectateur, ni auditeur, ni internaute, ni mobinaute. Mais tout cela à la fois, avec des pratiques de zappeur hyper-consommateur multi-support, quand ce n’est pas multi-tasker, jonglant joyeusement entre tablettes et ordinateurs, smartphones et autres écrans connectés.

Ce mouvement entraînera dans son sillage une partie des autres médias, qui ne sont ni médias d’information générale ni médias généralistes : périodiques de loisirs, chaînes thématiques, sites communautaires ou ciblés, …

Un média ne remplace pas les précédents, mais tous les médias, quel que soit leur ADN d’origine, papier ou radio, télévision ou web, convergent désormais vers la même chose (laquelle « chose », en devenir, reste à définir, mais ceci est une autre question).

Ainsi, progressivement mais rapidement, les cloisons entre les différents médias deviennent poreuses et s’estompent, sans doute pour disparaître à échéance plus ou moins lointaine.

Projetons-nous dans quelques années, une fois cette convergence bien avancée.

Y aura-t-il un sens à distinguer des taux de TVA différents ? A distinguer des catégories de presses éligibles à des subventions ou allègements ? A distinguer des catégories de médias pour les lois anti-concentration ? A distinguer des catégories spécifiques, pour Médiamétrie ou l’OJD ?

Voire à distinguer les médias des autres activités commerciales, lorsqu’une fraction significative des revenus et des marges seront tirés des activités annexes, s’appuyant sur la « marque-média » ?

L’information (sa qualité, sa diversité, son accès) est pour la liberté un bien précieux.

Dont la révolution ne fait que commencer.

Sic transit mundi.

Jean-Philippe Behr

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