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Je lirai, tu liras, il lira : le futur du roi Lire

20 novembre 2011 Laisser un commentaire

Le « papier électronique » a pour l’instant trouvé son principal débouché dans les liseuses de livres numériques, avec pléthore d’appareils de toutes sortes et de toutes marques : Kindle, Nook, Kobo, Bookeen, Sony, etc…

 

Les liseuses sont en train de trouver leur public. En octobre, 15 % des Américains possèdent une liseuse, deux fois plus qu’il y a six mois. En comparaison, le marché des tablettes peine à décoller, avec seulement 11 % d’utilisateurs. Seuls 3 % possèdent à la fois une tablette et une liseuse.

 

En matière de liseuses, les avancées en matière de recherche & développement m’autorisent à pronostiquer un avenir radieux à toutes les formes de lecture et d’affichage par réflexion, avec une large variété des usages : technologie utilisée, taille et forme des appareils, accès aux contenus.

 

L’encre électronique (E-ink), domine le marché depuis 2006. Son avantage est évidemment la persistance de l’image sans consommation d’énergie. 28 millions de liseuses seront vendues en 2011, utilisant des particules en dioxyde de titane (EPD – ElectroPhoretic Display).

 

Une adaptation de cette technologie, avec des micro-capsules, permet de fabriquer des écrans souples (80 microns, de l’ordre de l’épaisseur d’un papier). L’utilisation de filtres permet d’y adjoindre la couleur.

 

La technologie EWD (Electro-Wetting Display) est basée sur le comportement d’un mélange eau/huile colorée. L’application d’une tension électrique modifie la tension de surface, et l’eau repoussant l’huile permet par réflexion la vue de la surface sous-jacente. La taille du pixel est extrêmement petite ; le changement est suffisamment rapide pour permettre l’affichage vidéo ; la consommation d’énergie reste faible ; le contraste est meilleur que tout autre système et se rapproche de celui sur papier. Avec un dispositif bi-couche, on ne perd plus les deux-tiers de la luminosité comme les technologies utilisant des filtres. Le procédé est 4 à 8 fois plus contrasté que les cristaux liquides (LCD).

 

Sa variante EFD (ElectroFluidic Display) améliore encore le contraste (plus de 85 %) en intégrant directement dans l’eau des pigments, qui sont projetés sur le substrat visible.

 

Les écrans IMOD (Interferometric MOdulator Display) reposent sur un réseau d’éléments réagissant à des modulateurs similaires à ceux des écrans LCD. Un élément, soit absorbe la lumière en apparaissant noir, soit la réfléchit à une longueur d’onde particulière, en utilisant des effets graduels de diffraction. Le procédé est très peu consommateur d’énergie ; les changements d’état (30 fois par seconde) permettent l’affichage vidéo.

 

Sans rentrer dans les détails, les propriétés des changements de phase de divers cristaux liquides font toujours l’objet de nombreuses recherches. Par exemple, le procédé ChLC (Cholesteric Liquid Crystal) est basé sur des cristaux liquides à structure hélicoïdale. Pris en sandwich entre deux écrans, le pas de l’hélice varie en fonction de la température, permettant de moduler la réflexion de la lumière. Comme pour l’EPD, l’image se maintient sans consommation d’énergie. Mais, en l’état de la recherche, la vitesse de rafraîchissement de l’image est lente.

 

Enfin, n’oublions pas les recherches sur les matrices actives basées sur des transistors organiques, directement appliquées sur des supports flexibles, y compris le papier… Pilotées comme n’importe quel circuit électronique, elles fonctionnent en couleur par voie soustractive avec des filtres couleurs cyan, magenta et jaune.

 

Ainsi observe-t-on des progrès considérables sur les écrans d’affichage par réflexion, en matière de couleur, de vitesse de rafraîchissement, et d’effacement des images fantômes.

 

Le marché mondial des liseuses électroniques devrait tripler entre 2011 et 2017.

 

C’est sans compter, dans certains pays, l’équipement progressif des écoles. Sans nécessiter un bouleversement profond des pratiques pédagogiques, avec un appareil bien meilleur marché qu’un ordinateur ou une tablette, le marché potentiel pour la formation initiale est estimé au double de celui pour les loisirs. La Russie ou la Corée ont commencé à équiper leurs écoles, en remplacement des livres papier…

 

Compte tenu de ses caractéristiques, le papier électronique par réflexion pourrait supplanter la technologie actuelle des cristaux liquides, et s’implanter sur tous les dispositifs imaginables : affichage extérieur, posters, signalisation, cartes (de vœux, de visite, postales), montres, afficheurs divers (par exemple dans les magasins, ou sur les appareils électro-ménagers), mais aussi smartphones, tablettes, téléviseurs.

 

Mais n’oublions pas le papier. Je rappelle, si besoin est, que les lecteurs d’E-books lisent davantage, et achètent davantage de livres (traditionnels) !

 

Sic transit mundi.

 

Jean-Philippe Behr

 

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Explosion de la lecture numérique

11 novembre 2011 Laisser un commentaire

Lire des livres numériques : bien plus qu’un engouement passager

Tous les 18 mois, est menée aux Etats-Unis une étude sur le comportement des consommateurs à l’égard de la lecture de livres numériques (e-books). Elle est extraite d’une enquête annuelle massive, portant sur 65 000 lecteurs, adultes et adolescents. La dernière mouture de cette étude, qui sera rendue publique le 21 novembre, est riche d’enseignement.

Examinons ensemble quelques chiffres.

Parmi les personnes ayant acheté au moins un e-book durant les 18 mois qui précèdent, près de 50 % sont prêts à attendre 3 mois pour obtenir la version électronique de leur auteur favori, plutôt que de lire immédiatement sur papier. Lors de la précédente enquête, seuls 38 % déclaraient accepter d’attendre aussi longtemps.

Parmi les « grands lecteurs numériques » (définis comme les consommateurs d’au moins un e-book par semaine), plus de 46 % déclarent avoir dépensé davantage, en achats payants. Lors de la précédente étude, seuls 30,4 % déclaraient avoir augmenté leurs achats. Cette information est particulièrement intéressante, car il est avéré que le comportement des « grands lecteurs » préfigure celui des consommateurs moyens, d’un délai compris entre 3 et 6 mois.

Le degré de satisfaction envers les appareils de lecture (liseuses, tablettes) est élevé. 75 % des personnes sont satisfaits, parmi lesquels 38 % se déclarent « très satisfaits ». Moins de 5 % considèrent que l’appareil ne valaient pas le prix qu’ils avaient payé pour l’usage qu’ils en ont.

Les barrières à l’accès aux e-book tombent. A la question « quelle serait le seul frein à lire davantage d’e-books ? », 33 % ont répondu « rien » (à comparer à 17,6 % dans l’enquête précédente).

Le rouleau-compresseur Amazon poursuit sa route, restant la source préférée pour l’acquisition d’e-books (stable, à 70 %) et comme source d’information (à 44 %). Barnes & Noble arrive en second avec 26 %, Apple en troisième position. A noter : une montée en puissance des bibliothèques, comme source appréciée d’achat d’e-books.

L’étude, en considérant les hauts niveaux de fidélité et de satisfaction, prévoit une poursuite de la forte croissance de la lecture numérique, l’e-book devenant à terme le principal canal de lecture pour beaucoup d’Américains. Elle constate aussi, à propos de la lecture d’e-books, que l’attitude et le comportement des consommateurs évoluent de mois en mois, et non pas d’année en année..

Alors, que penser de tout cela ?

En France, les frémissements d’un décollage se font sentir. Les mots Kindle ou Kobo feront bientôt partie de notre quotidien.

Il n’y a aucune raison objective à ce que le livre numérique ne suive pas ces traces américaines. Le Royaume-Uni, bénéficiant d’un atout linguistique, s’est déjà envolé. L’Espagne est en phase de démarrage. L’Allemagne et la France, à la traîne, ne vont pas tarder à suivre, comme on l’a vu lors de la toute récente Foire du Livre de Frankfurt.

L’étude nous enseigne surtout que l’usage d’un outil façonne notre posture. Tant que nous n’avons pas manipulé, apprivoisé, un nouvel appareil, la défiance et la réserve sont de mise. Le dicton ne dit-il pas : « l’essayer, c’est l’adopter » ?

Sans doute peut-on légitimement confronter les avantages du papier, et les limites (y compris sur le plan environnemental) de la lecture numérique.

Mais, s’il pleut demain, puis-je contrecarrer la météo ?

Jean-Philippe Behr

Graphiques lecture numérique USA

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