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Des cloisons ? quelles cloisons ?

30 novembre 2012 Laisser un commentaire

Les frontières historiques entre les grandes catégories de médias d’actualité sont en train de s’évanouir.

La presse quotidienne et les newsmagazines intègrent sur leurs supports numériques photos, sons et vidéos, basculent vers le bi-média, culbutent vers le reverse-publishing.

Les médias audiovisuels, télé et radio, organisent leurs plateformes d’information numériques comme s’ils étaient des pure-players, et se déclinent d’ailleurs parfois en produits papier.

Les rédactions s’organisent pour traiter les contenus, dès l’origine, en flux multi-canal.

Nécessité faisant loi, puisqu’il faut monétiser son contenu en l’absence de revenus publicitaires suffisants, les modèles d’affaires commencent, après divers tâtonnements et expériences, à se ressembler entre eux.

Toutes les catégories de médias proposent de l’homothétique (qui s’appelle, selon le cas, PDF, podcast, ou catch-up), de l’enrichi, de l’application. Et des produits dérivés, pour générer des VU, de l’e-commerce, et des bases de données comportementales d’usager.

Lequel usager ne s’appelle plus lecteur, ni spectateur, ni auditeur, ni internaute, ni mobinaute. Mais tout cela à la fois, avec des pratiques de zappeur hyper-consommateur multi-support, quand ce n’est pas multi-tasker, jonglant joyeusement entre tablettes et ordinateurs, smartphones et autres écrans connectés.

Ce mouvement entraînera dans son sillage une partie des autres médias, qui ne sont ni médias d’information générale ni médias généralistes : périodiques de loisirs, chaînes thématiques, sites communautaires ou ciblés, …

Un média ne remplace pas les précédents, mais tous les médias, quel que soit leur ADN d’origine, papier ou radio, télévision ou web, convergent désormais vers la même chose (laquelle « chose », en devenir, reste à définir, mais ceci est une autre question).

Ainsi, progressivement mais rapidement, les cloisons entre les différents médias deviennent poreuses et s’estompent, sans doute pour disparaître à échéance plus ou moins lointaine.

Projetons-nous dans quelques années, une fois cette convergence bien avancée.

Y aura-t-il un sens à distinguer des taux de TVA différents ? A distinguer des catégories de presses éligibles à des subventions ou allègements ? A distinguer des catégories de médias pour les lois anti-concentration ? A distinguer des catégories spécifiques, pour Médiamétrie ou l’OJD ?

Voire à distinguer les médias des autres activités commerciales, lorsqu’une fraction significative des revenus et des marges seront tirés des activités annexes, s’appuyant sur la « marque-média » ?

L’information (sa qualité, sa diversité, son accès) est pour la liberté un bien précieux.

Dont la révolution ne fait que commencer.

Sic transit mundi.

Jean-Philippe Behr

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L’écriture est la peinture de la voix

Voilà donc des mois, des années, que le champ économique occupe le premier plan de l’espace médiatique, de l’espace politique.

 

Sacrifions donc à la tendance, écoutons le sage et cynique Oscar Barenton.

 

Avoir fait fortune, c’est posséder un peu plus d’argent que les gens qu’on fréquentait la veille. Juste assez pour pouvoir les laisser tomber.

 

Mieux vaut investir une place forte qu’un capital. Il arrive qu’une place forte soit rendue. Un capital investi ne se rend jamais.

 

Un aventurier est toujours de bas étage. S’il était de haut étage, ce serait un homme d’affaires.

 

Les économistes ont raison, le capital est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent.

 

On travaille mal dans une usine où l’on ne voit pas clair. Pour qu’on y voie clair, il faut un bon éclairage et une bonne comptabilité.

 

Pour diriger les hommes, il faut les connaître. Pour les connaître, il faut les écouter.

 

Tout se paie, et il y a deux monnaies : l’argent, et la satisfaction de vanité. Si vous avez le choix, et que vous êtes débiteur, payez en vanité, car c’est une monnaie que vous émettez vous-même et dont l’émission n’a pas de plafond. Si vous êtes créancier, choisissez l’argent : vous aurez la vanité par surcroît.

 

Un journal ne peut pas écrire : « N’achetez pas les produits de la société Lambda, ils ne valent rien », ce serait de la diffamation. Mais il peut écrire : « N’achetez pas les actions de la société Lambda », parce que ça, c’est de l’information financière.

 

Merci à Voltaire, pour le titre de ce billet.

 

Sic transit mundi.

 

Jean-Philippe Behr

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Je n’aurai pas le temps

Je n’aurai pas le temps, pas le temps. Même en courant, plus vite que le vent, plus vite que le temps. Même en volant, je n’aurai pas le temps, pas le temps. Même en cent ans, je n’aurai pas le temps, pas le temps (Michel Fugain)

 

Je n’ai pas le temps. Je dois voir mes clients. Répondre à ce foutu appel d’offres, dont la date limite est demain. Rencontrer mon chef d’atelier, qui menace de démissionner s’il n’a pas sa prime. Renégocier le prix de mes papiers. Préparer la prochaine réunion du Comité d’Entreprise. Appeler le constructeur pour régler définitivement la panne sur la machine n° 2. Répondre à mon avocat qui me relance pour l’audience aux Prud’hommes. Bousculer mon responsable comptable qui n’a toujours pas terminé la trésorerie prévisionnelle que me réclame depuis 3 mois mon banquier.

 

Etre patron d’entreprise aujourd’hui, c’est infernal. C’est formidable, mais ça  n’arrête pas. Une entreprise centenaire, comme la nôtre, ça impose des responsabilités. Envers ses collaborateurs. Envers ses clients. Envers l’environnement. C’est passionnant. Et compliqué.

 

Je n’ai pas le temps. Le temps pour prendre un peu de temps. Pour réfléchir à demain. Pour innover. Pour déléguer. Pour changer de business-model. Pour transformer les méthodes de travail de mes commerciaux. Pour écouter les salariés. Pour comprendre le monde qui change. Pour observer mes concurrents. Pour rencontrer un Cabinet-conseil en marketing.

 

—–

 

Il n’a pas eu le temps.

 

Il a déposé le bilan. La liquidation a été prononcée.

 

Il n’a pas eu le temps…

 

Sic transit mundi.

 

Jean-Philippe Behr

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