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Je n’aurai pas le temps

Je n’aurai pas le temps, pas le temps. Même en courant, plus vite que le vent, plus vite que le temps. Même en volant, je n’aurai pas le temps, pas le temps. Même en cent ans, je n’aurai pas le temps, pas le temps (Michel Fugain)

 

Je n’ai pas le temps. Je dois voir mes clients. Répondre à ce foutu appel d’offres, dont la date limite est demain. Rencontrer mon chef d’atelier, qui menace de démissionner s’il n’a pas sa prime. Renégocier le prix de mes papiers. Préparer la prochaine réunion du Comité d’Entreprise. Appeler le constructeur pour régler définitivement la panne sur la machine n° 2. Répondre à mon avocat qui me relance pour l’audience aux Prud’hommes. Bousculer mon responsable comptable qui n’a toujours pas terminé la trésorerie prévisionnelle que me réclame depuis 3 mois mon banquier.

 

Etre patron d’entreprise aujourd’hui, c’est infernal. C’est formidable, mais ça  n’arrête pas. Une entreprise centenaire, comme la nôtre, ça impose des responsabilités. Envers ses collaborateurs. Envers ses clients. Envers l’environnement. C’est passionnant. Et compliqué.

 

Je n’ai pas le temps. Le temps pour prendre un peu de temps. Pour réfléchir à demain. Pour innover. Pour déléguer. Pour changer de business-model. Pour transformer les méthodes de travail de mes commerciaux. Pour écouter les salariés. Pour comprendre le monde qui change. Pour observer mes concurrents. Pour rencontrer un Cabinet-conseil en marketing.

 

—–

 

Il n’a pas eu le temps.

 

Il a déposé le bilan. La liquidation a été prononcée.

 

Il n’a pas eu le temps…

 

Sic transit mundi.

 

Jean-Philippe Behr

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Payer ? oui, mais quand c’est trop tard !

17 novembre 2011 Laisser un commentaire

 

Que diriez-vous d’un chef d’entreprise qui attend d’avoir déposé le bilan pour investir ?

 

Quand je parle de mon métier, en indiquant que j’accompagne les entreprises en phase de changement, la réaction est immédiate : « vous intervenez donc pour les entreprises en difficultés ».

 

NON ! Et heureusement, nos clients ne sont pas tous en difficulté, ils ont seulement compris que celui qui n’avance pas recule. Ils ont aussi pris conscience que pour changer, il fallait souvent avoir des partenaires, des consultants prêts à s’impliquer à leurs côtés. Ils ont intégré l’idée d’investissement nécessaire dans une prestation immatérielle.

 

Malheureusement, l’attitude de la majorité des chefs d’entreprise ne ressemble pas à ça.

 

Pourtant tout le monde est d’accord : l’avenir est à l’innovation (et l’innovation immatérielle est mise en avant par les pouvoirs publics), le monde change en profondeur, le temps s’accélère, il faut agir…. Les chefs d’entreprises peinent encore à faire appel aux consultants. Outre, sans doute, la peur de se sentir dépossédés de leurs prérogatives, c’est principalement le coût du conseil qui leur semble trop élevé.

 

Quel est le meilleur moment pour se faire accompagner, et avoir un regard extérieur sur son organisation ?

 

A cette question,  j’ai l’habitude de répondre que c’est toujours le bon moment. L’entrepreneur, lui, aurait plutôt tendance à penser que ce n’est jamais le bon moment.

 

Puis vient le temps où ce n’est plus le moment, il est trop tard, hélas ! Et c’est alors que le paradoxe apparaît :

 

« Mayday ! Mayday ! Cherche guérisseur de société, rebouteux d’entreprise, consultant miracle ! »

 

Ces SOS désespérés émanent des chefs d’entreprise pris dans la tourmente. Et ces patrons sont alors prêts, quand rien ne va plus, à mettre la main au porte-monnaie, et à se fier au premier gourou du conseil venu.

 

Etonnant, tout cet espoir, toute cette foi ! D’autant plus que ces patrons en détresse n’ont jamais cru auparavant aux vertus des consultants.

 

Beau paradoxe ! mais qui fait alors la fortune de bien des charlatans du management !

 

Jean-Michel Laude

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