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Non, ne défendons pas le papier

Osons poser une question iconoclaste : faut-il défendre le papier ?

Le papier, noble support sur lequel a été déposé le savoir, l’imaginaire et l’apprentissage (le livre), l’actualité et le débat (le journal), l’information et la distraction (le magazine), la promotion (l’affiche, l’emballage, la PLV), et tant d’autres contenus encore…

L’idée  même du mot « défense » me gêne. Pour plusieurs raisons.

Premier argument

Peut-être, pour commencer, à cause des accointances guerrières du terme.

Reconnaissons qu’à certaines occasions, il faut bien se défendre, face à un adversaire (encore que je lui préfère le mot de résistance).

Mais qui est l’adversaire du papier ? Le numérique ? Le monde digital n’est pas un adversaire, il se développe par lui-même, sans s’opposer au papier, fort de ses atouts et avantages. Il marche sur les plates-bandes du papier comme concurrent, et non pas comme adversaire.

Comme concurrent, ai-je dit ? Mais si c’est un concurrent, le support papier dispose par lui-même de ses propres vertus (qu’il est inutile de rappeler ou de détailler ici).

Il n’est alors pas question de le défendre, mais de promouvoir ses qualités. C’est tout autre chose…

Deuxième argument

Se défendre, c’est s’agripper au passé.

Et donc, quelque part, peu ou prou, c’est rejeter l’avenir, craindre ou nier le changement.

Nos mémoires gardent bien vivants les pans de notre société qui se sont construits autour du support papier, siècle après siècle : la démocratisation de la lecture, les filières et les modèles économiques, les revendications sociales de l’ouvrier du Livre, les avancées technologiques, les empires familiaux, le tissu industriel, etc…

Tâchons de préserver le souvenir de cette mémoire collective, prestigieuse et foisonnante, pour comprendre le passé, apprendre de ce passé, admirer cette prodigieuse épopée humaine bâtie autour du papier.

Mais il est acquis que demain ne sera pas hier.

Des lendemains où le papier aura certes une place réduite, mais aura sa place (du moins à horizon prévisible), en complément de la communication numérique.

Il n’est donc pas question de le défendre, mais d’innover et d’inventer. Là encore, on est sur un autre registre que sur celui de la défense…

En guise de conclusion…

Ne défendons pas le papier ; il se défendra lui-même !

N’en déplaise aux innombrables coteries, lobbies, associations et autres groupements, qui ont fait de la défense du papier le cœur de leur combat.

On peut défendre des idées, mais on ne se défend pas contre le sens de l’histoire.

Reconnaissons au papier ses vertus propres et sa capacité à se réinventer.

Un composant parmi d’autres au sein d’un monde en transformation, et de la représentation que nous nous en faisons avec des paradigmes inédits.

Sic transit mundi.

Jean-Philippe Behr

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Catégories :Industries graphiques
  1. Alain-Marie Carron
    28 mai 2012 à 12:30

    Merci pour cet excellent billet que je reprends sur mon FB Bonne journée Jean-Philippe

  2. 1 juin 2012 à 8:56

    Enfin! ça va « débattre » à la CCFI!

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